07h12 CEST
30/05/2026
Declan Rice court, tacle, tire les corners et harangue ses coéquipiers comme s'il était le capitaine d'Arsenal, bref c'est "le phare" des Gunners que le PSG devra éteindre en finale de la Ligue des champions, samedi.
Le milieu défensif de 27 ans est la pierre angulaire de l'équipe dirigée par Mikel Arteta, à la manière d'un Vitinha à Paris ou d'un Rodri période Ballon d'Or à Manchester City. Sans lui, Arsenal n'est pas Arsenal.
"Declan, j'étais vraiment convaincu qu'il allait être le phare de ce club. Si tu es capable de te mettre au service de l'équipe, je pense que l'équipe fera de toi le plus grand joueur de ce club", a résumé l'Espagnol auprès de TNT Sports. Cette saison, "il a été phénoménal, une source d'inspiration pour tous les garçons".
Rice a conquis le coeur de l'entraîneur, de ses coéquipiers et des supporters par son talent, bien sûr, mais surtout par sa détermination à toute épreuve, son sourire charmeur et sa simplicité. Sa balade nocturne autour de l'Emirates, après avoir gagné la Premier League, figure en bonne place parmi les images du titre.
Cette force de la nature semble avoir des réserves inépuisables, même après avoir disputé 54 matches en club cette saison, dont 48 comme titulaire (4.336 minutes en cumulé, plus haut total dans l'équipe, gardien exclu).
- L'échec à Chelsea -
Mentalement, c'est aussi un roc.
Le gamin de Kingston-upon-Thames (sud-ouest de Londres), benjamin d'une fratrie de trois, a dû digérer une phase d'apprentissage difficile à Chelsea, le club qui l'a formé avant de lui montrer la sortie, à 14 ans.
Il a rebondi à West Ham, de l'autre côté de la capitale, où il a glissé de la défense centrale au milieu de terrain, avec sur le dos le N.41 que l'intendant de l'équipe lui a donné, et qu'il a conservé depuis.
Là-bas, il a empilé 245 matches, découvert les sélections irlandaise (3 matches en 2018) puis anglaise, et terminé en apothéose en soulevant le trophée de la Ligue Conférence, brassard au bras.
Nous sommes à l'été 2023 et Arsenal réalise le transfert le plus élevé de son histoire: 105 millions de livres, soit 122 millions d'euros à l'époque.
"On peut dire que c'est le meilleur milieu défensif du pays et le plus incroyable avec Declan, c'est qu'il va encore progresser", déclare David Moyes, son entraîneur chez les Hammers. "Je ne suis pas d'accord avec les propriétaires quand ils disent que c'est un joueur à 100 millions de livres. C'est bien, bien plus que 100 millions. Bien, bien plus".
- "The Horse" cavale partout -
Rice est le symbole des ambitions nouvelles des Gunners, d'habitude moins dépensiers, mais cette fois déterminés à revenir dans la cour des grands.
Lui-même a grandi depuis son arrivée dans le Nord de Londres, sur le terrain et en dehors, à tel point que certains, comme l'ancien capitaine légendaire Tony Adams, voudrait le voir porter le brassard à la place de Martin Odegaard.
L'équipe peut dans tous les cas compter sur sa capacité à bonifier les ballons et à casser les lignes avec ses passes ou ses courses incessantes, une activité qui lui a valu d'être surnommé "The Horse" (le cheval) par ses amis du vestiaire.
Il offre aussi des munitions de premier ordre aux canonniers d'Arsenal sur corner et coup franc, leur spécialité, et sur des frappes longue distance, aussi.
"Il possède l'une des meilleures qualités de frappe que j'ai pu observer dans ma carrière", avait déclaré le milieu Mikel Merino après un foudroyant doublé de l'Anglais contre le Real Madrid (3-0) en quart de finale aller, la saison dernière.
Rice avait marqué les deux premiers buts du match sur des coups francs directs, une première dans sa carrière, et face à Thibaut Courtois, pourtant un des meilleurs gardiens du monde.
De l'inédit, il faudra encore en produire samedi puisqu'Arsenal n'a jamais gagné la Ligue des champions. Avec Rice, le club anglais tient peut-être l'ingrédient qu'il lui fallait.